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Le bureau fédéral en
charge du football s’est réuni deux fois lors du mois d’octobre dernier.
Cela constitue un record en soi. En effet depuis le 10 mai 2004, ce
bureau a dû se réunir en tout et pour tout 5 ou 6 fois. Il y a donc eu
des périodes très longues d’absence totale de tenue de réunions.
Que s’est-il donc passé? Est-ce le ramadan, pourtant période d’inertie
par excellence chez nous, qui a stimulé la tenue de ces réunions ?
La première assemblée a eu lieu lundi 17 octobre pour ratifier "à
l’unanimité" la démission de Zaki. La deuxième s’est tenue le 26 octobre
pour valider le choix de Philippe Troussier, avec comme alternative M’Hamed
Fakhir qui lui, a été auditionné 30 petites seconds, un record absolu
pour un entretien d’embauche ! Ces deux réunions faisaient suite à notre
douloureuse élimination du Mondial allemand, consommée certes à Rhadès,
mais minutieusement conditionnée depuis juin avec les deux
malheureuses affaires Naciri et Naybet. Mais on est en droit de se poser
légitimement certaines questions.
En effet, la célérité de la démission de Zaki et les circonstances dans
lesquelles elle a été exécutée nous interpellent à plus d’un titre :
Cet entraîneur n’incarnait-il pas le projet de ce bureau fédéral ?
Dans l’affirmative, son échec aurait dû se répercuter sur celui de
l’ensemble dudit bureau. Dans cette logique, il aurait été mieux indiqué
que ce dernier démissionne en bloc et solidairement avec Zaki. Cela
aurait au moins conféré plus de crédibilité à notre fédération.
Ou alors, les membres fédéraux, ou du moins une partie d’entre eux,
estiment que Zaki était déjà en place à leur arrivée, et qu’ils ne sont
nullement comptables de ses résultats. Auquel cas, ils auraient dû
dénoncer cet engagement avant que la vache ne tombe.
Sous d’autres cieux, un membre fédéral élu par une assemblée doit être
responsable de tous ses choix et actes devant ladite assemblée, et donc
assumer la stratégie et les projets auxquels il adhère forcément, et
doit démissionner en cas d’échec.
Ce n’est point le cas chez nous. Nos membres fédéraux siégent pour la
plupart pour le prestige du poste. Ils n’ont rien à voir, ni avec le
recrutement de Zaki, ni avec sa démission. Certains ne sont même pas au
courant du calendrier de l’équipe nationale. On les appelle au besoin
pour meubler une réunion, et y assumer le rôle de figurants nécessaire à
sa légitimité.
De temps à autre, ils aspirent ardemment faire partie d’une délégation,
histoire de bénéficier d’indemnités conséquentes.
Deux, voire trois membres seulement s’impliquent pour expédier les
affaires courantes de la fédération et pour, en cas de mauvais résultat
de l’équipe nationale, faire porter le chapeau à un subordonné et
recruter un remplaçant à sa place. Et le tour est joué… Aucun projet
collectif à moyen terme, aucune stratégie globale, aucune philosophie
d’ensemble ne sont envisagés.
Le projet de mise à niveau, qui perdure depuis les années 70, et qui
revient chaque fois tel un leitmotiv avec un nouveau décideur, atteste
de l’absence totale de travail collectif. D’ailleurs aujourd’hui, la
plupart des dirigeants de clubs n’y adhérent plus, et le pauvre Amor se
retrouve de plus en plus isolé. |